Montérégie : de l’aide pour la recherche de loyers

Alors que la recherche de loyers se poursuit pour certains sur le territoire, le Comité logement Rive-Sud se voit forcé de restreindre ses services afin de pouvoir répondre à ses demandeurs dans un délai raisonnable.

Sylvie Monaco demeure à Mirabel. Pour des raisons familiales et de santé, elle a tenté de trouver un logement sur le territoire du journal. Elle estime avoir publié sa recherche dans plus de 25 pages sur les réseaux sociaux. « Ça fait cinq mois que je cherche de façon intensive. J’étais en panique. Ça m’a affectée moralement », confie la femme de 57 ans.

Elle est propriétaire d’un chien d’assistance en santé mentale. Cette donnée a complexifié sa quête. Elle nomme avoir un « faible revenu » mais une cote de crédit 834 (excellente à l’échelle canadienne de 300 à 900). « Malgré que je vive dans la misère financière, j’ai maintenu une cote que peu de gens sont capables d’avoir. Je n’ai aucune dette », situe Mme Monaco.

« La demande augmente d’une année à l’autre. Notre équipe n’a pas grossi. » – Caroline Vohl

Au moment d’écrire ces lignes, la quinquagénaire venait tout juste de trouver un logement à Chambly. « Ça faisait longtemps que je n’avais pas dormi aussi bien », affirme Mme Monaco. Elle décrit le lieu comme un « très petit » 3 1/2, dans un immeuble centenaire. Incluant l’électricité, il lui en coûtera 1 143 $ par mois. Elle fait remarquer que pour respecter son budget, il aura été difficile de se trouver un toit entre Carignan et Richelieu.

Marie-Ange Deschâtelets vit actuellement en chambre, avec son chien. Il lui en coûte 750 $ par mois. La femme de 21 ans cherche un logement dans le secteur de Chambly et environs, à travers un budget mensuel de 850 $. Pour des raisons d’études et de travail, elle ne peut s’éloigner de la région. « J’ai fait beaucoup de visites. J’ai même accepté de voir des lieux à plus 1 000 $, mais je constatais que ça n’avait pas d’allure. C’était minuscule et miteux », observe-t-elle. La présence de son chien lui ferme également des portes.

Fermer les lignes

Le Comité logement Rive-Sud (CLRS) consacre ses efforts à « garantir le droit fondamental d’avoir accès à un logement convenable ». Caroline Vohl y est organisatrice communautaire. « La demande augmente d’une année à l’autre. Notre équipe n’a pas grossi. On n’a pas plus de ressources en ce moment », indique-t-elle. De ce fait, le CLRS a dû restreindre les appels qu’il reçoit. « On ne peut pas répondre à tout le monde, sinon ce serait dans des délais déraisonnables », convient-elle. Le journal lui a parlé, mardi dernier. En raison de la demande élevée, l’organisme avait déjà fermé ses lignes jusqu’au lundi suivant. Ils sont trois à effectuer le même travail qu’elle. Ils gèrent ensemble un minimum de 60 appels hebdomadaires.

Le Comité vient de toucher un financement afin d’élargir ses services dans quatre MRC supplémentaires, dont celles de La Vallée-du-Richelieu et de Rouville.

Service d’aide à la recherche

En matière de recherche de logements, Mme Vohl dirige la population vers le Service d’aide à la recherche de logement (SARL). Chaque SARL est mis en place par les offices d’habitation (OH) et ensemble, ils forment un réseau de plus d’une quarantaine de points de service au Québec. Le service, gratuit, s’adresse à toute personne ou tout ménage à la recherche d’un logement sur le territoire de l’OH, peu importe son revenu ou sa situation. « Le service est très variable, d’un centre à l’autre, dit Mme Vohl. Il y a des endroits où des gens reçoivent une liste, comme d’aller voir sur Kijiji : des choses que des gens pourraient un peu faire eux-mêmes. D’autres font plus de démarches », compare-t-elle. Sylvie Monaco s’était inscrite à trois SARL. Elle déclare être demeurée sur sa faim à ce sujet. « Je pensais que cette aide serait plus personnalisée. Ils regardent aux mêmes endroits que nous et nous envoient des logements que j’avais vus moi-même de mon côté. Et les critères que l’on a sélectionnés ne sont pas considérés », observe-t-elle.

Autres options

Si aucun SARL n’offre de services dans une municipalité et qu’un citoyen risque de se retrouver sans logement, il est possible de communiquer avec l’OH de sa région. Si un citoyen vit une situation d’urgence et qu’il a déjà communiqué avec le SARL de sa région, il peut remplir le Formulaire pour les citoyens à risque de se retrouver sans logement ou communiquer avec la Société d’habitation du Québec au 1 800 463-4315. Mme Vohl suggère également le Réseau d’Habitations Chez Soi. L’organisme doit, par différents moyens et possibilités, permettre à des personnes aux prises soit avec des problèmes de santé mentale ou une situation d’itinérance ou encore un risque d’itinérance, de vivre dans un habitat adéquat et sécuritaire, en plus d’avoir accès à un soutien approprié pour améliorer leur qualité de vie.

Augmentation du coût

En collaboration avec la Société canadienne d’hypothèques et de logement, la Communauté métropolitaine de Montréal nous a transmis certaines données relatives à l’augmentation du coût du loyer sur le territoire. En octobre 2010, le loyer médian à Chambly, à Carignan et à Saint-Mathias-sur-Richelieu était à 640 $. Il s’élève désormais à 1 410 $. Le loyer moyen était, quant à lui, à 646 $ et se gonfle maintenant à 1 488 $. En 2017, le loyer moyen et le moyen médian de la MRC de Rouville s’établissaient respectivement à 696 $ et 700 $. En 2025, le moyen se situe à 1 215 $ alors que le médian n’est pas défini.