Les fleurs du mal
Nathalie Richard vient de vivre une deuxième fraude à la carte de crédit. La fleuriste de Richelieu se trouve démunie et esseulée dans cette situation.
Un préjudice de 1 200 $. C’est la somme qu’a perdue Nathalie Richard après avoir compris que la commande livrée en août, d’un montant de 630 $, provenait d’une carte de crédit déclarée volée. Le particulier a réclamé son dû, l’argent a été pris dans le compte de la commerçante, à qui il ne reste plus que les yeux pour pleurer. « Je perds l’argent de la commande et la marchandise, regrette-t-elle. C’est la deuxième fois que cela m’arrive. Mais ce phénomène commence à se répandre. On a certainement affaire à un réseau, car d’autres fleuristes et commerçants sont touchés en ce moment. »
« En bout de ligne, on prend l’argent dans mon compte. Il faut un coupable et c’est moi. » – Nathalie Richard
Nathalie Richard n’a pas su flairer l’arnaque. « C’était un dimanche, rappelle-t-elle. Quelqu’un avait appelé pour des fleurs, du champagne et des chocolats. Nous recevons fréquemment ce genre de commande. On avait livré tout cela à Laval. Et deux mois plus tard, on apprend que c’est une arnaque. »
Face à ce fléau, la commerçante ignore comment réagir et s’estime être la bouc émissaire de l’histoire. « Le client a quelques semaines pour signaler un achat frauduleux sur sa carte de crédit. Il se fait rembourser par sa banque, mais en bout de ligne, on prend l’argent dans mon compte. Il faut un coupable et c’est moi. Mais comment puis-je faire autrement? On me dit de n’accepter les commandes que de clients qui se présentent en personne. Mais j’ai des appels du monde entier! On m’a déjà contactée du Kilimandjaro. Une autre demande venait d’un militaire en Afghanistan. »
Quelle solution?
Changer de manière de faire paraît compliqué. Nathalie Richard assure ne pouvoir se permettre de refuser des commandes à distance. « Les appels durant les Fêtes, comme les anniversaires ou la fête des Mères, sont l’essentiel de notre commerce! On ne peut pas les refuser. Je ne vais pas non plus commencer à demander les cartes d’assurance maladie ou le permis de conduire! Si l’on fait ça, on va tuer notre entreprise! Depuis cet incident, nous demandons la date de naissance des clients et les gens s’offusquent. »
Désormais, la fleuriste espère que les prestataires de cartes de crédit trouveront une solution. « Notre profession existe pour embellir les situations. On est fleuriste de cœur. Dans ces situations, on ne sait pas quoi faire et nous n’avons aucune protection. On aimerait vraiment pouvoir avoir un drapeau rouge lorsqu’une carte est déclarée volée. C’est sûr que l’on arrêtera la commande. »