Richelieu : unis pour une mission nettoyage de la rivière

Deux organismes ont pour mission de nettoyer le fleuve Saint-Laurent et ses affluents. Un groupe de bénévoles s’est donné rendez-vous la semaine dernière à Richelieu.

Pour un troisième été consécutif, les organismes Mission 1000 tonnes et Stratégies Saint-Laurent invitent la population à nettoyer les cours d’eau autour du Saint-Laurent. Cette année, le groupe s’est arrêté à Richelieu, à proximité de l’autoroute 10, afin de nettoyer les berges et le fond de l’eau avant de repartir sur d’autres places au Québec.

Lyne Morissette, cofondatrice de Mission 1000 tonnes et experte en conservation marine, revient sur le choix de la ville de Richelieu. « La rivière Richelieu est un cours d’eau inquiétant concernant la pollution plastique, les rejets agricoles et l’activité humaine. Le problème est que le plastique peut se dégrader vers le microplastique et aucune technologie ne peut lutter contre cela. Des organismes ingèrent ces microplastiques et, en bout de ligne, peuvent être un problème pour la santé humaine. »

Deux équipes

Ainsi, deux équipes s’unissent pour nettoyer l’environnement de la rivière. L’une s’occupe des berges, tandis que l’autre se charge du fond de l’eau. « Nous avons nos plongeurs et nous sollicitions des bénévoles pour s’occuper des berges, poursuit Lyne Morissette. Les gens peuvent venir nous aider une heure ou deux. »

La cofondatrice de Mission 1000 tonnes ne le cache pas. La tâche est colossale! « Enlever le plastique des cours d’eau revient à vider l’eau d’une baignoire avec une cuillère et le robinet toujours ouvert. Mais rien que le fait de nous aider à nettoyer la rivière permet de sensibiliser les gens. On sait très bien que les nettoyages ne sont pas suffisants, alors il faut aussi changer les habitudes. On fait notre part pour faire évoluer les choses. On essaie de récupérer le maximum de déchets pour recycler ce que l’on peut. »

Une bouteille à la mer

Pour autant, Lyne Morissette estime que les mentalités évoluent vers le bon sens. « Au départ, on pense que la pollution ne nous concerne pas avant que l’on se rende compte que c’est partout! C’est un réflexe humain. Tous nos petits gestes peuvent sembler insignifiants, mais ensemble, on peut faire de grandes choses. Au début, la mission était de ramasser 10 tonnes de déchets. On l’a accomplie en 75 jours! Nous nous sommes dirigés, depuis, vers 1000 tonnes. Nous en sommes à 750 tonnes depuis le début de l’organisme. On peut s’interroger sur le fait de faire la différence seul, mais ensemble, c’est possible. Et les mentalités changent! »

Pour attirer du monde lors des séances de nettoyage, l’organisme a sa stratégie. « On essaie de rendre l’événement agréable et festif tout en ajoutant que nous faisons cela pour sauver la planète. Après les efforts, on met la musique et on se rassemble autour de boissons pour attendre l’annonce du poids de déchets ramassés durant la journée. »