Chambly : fin d’entente prématurée pour la gestion de l’édifice Joseph-Ostiguy
La Ville de Chambly et la Chambre de commerce et d’industrie de la Vallée-du-Richelieu-Rouville (CCIVRR) ont rompu prématurément leur entente concernant la gestion de l’édifice Joseph-Ostiguy, après quelques mois d’activité.
La collaboration entre la CCIVRR et Chambly n’aura duré que quelques mois. « Ce fut bref », convient Alexandra Labbé, mairesse de Chambly. Les deux entités ont mis un terme à l’entente de gestion de l’espace municipal de l’édifice Joseph-Ostiguy. « C’est un concours de circonstances et un paquet de facteurs. C’est surtout du côté de la CCIVRR qu’il y a eu une réévaluation de sa capacité à livrer la portion de l’entente », mentionne la mairesse au journal. À son tour, Julie La Rochelle, directrice générale (DG) de la Chambre de commerce, s’exprime sur le sujet. « Notre rôle n’est pas juste opérationnel, il est aussi stratégique. Il est attendu de nous que l’on évalue en continu la pertinence de chacun de nos mandats et que l’on utilise les ressources à notre disposition de façon responsable.
On doit concentrer nos énergies là où l’on génère le plus de valeur, pour nos membres et pour le développement économique de notre territoire », indique la DG, qui a pris le temps de réfléchir sur la mission de son organisation. « De notre côté, on y croyait encore. On était prêts à continuer. Mais avec les communications que l’on a eues, d’un commun accord, on préfère arrêter ça là plutôt que de pousser dans une direction qui ne conviendrait pas », fait savoir Mme Labbé.
Chambly et la CCIVRR s’entendent sur la prémisse de base. « On s’était dit, de part et d’autre, que c’était un bon flash. On pensait pouvoir générer quelque chose d’intéressant. Force est de constater qu’après quelques mois, ce n’est pas ce sur quoi on s’était entendus », affirme la mairesse chamblyenne. « C’est un superbe bâtiment, une super belle proposition, mais pour nous, ça ne répond pas à ce que nos membres s’attendent de nous. Quand on voit que c’était une idée magnifique, mais qui ne correspondait pas tout à fait à nos missions respectives, c’était la décision mature à prendre », ajoute Mme La Rochelle.
Une entente de plus de 358 000 $
L’entente annoncée en janvier 2025 entre Chambly et la CCIVRR devait être d’une durée de cinq ans, de 2025 à 2029, au montant de 358 289 $ plus taxes applicables. Le soutien financier de la Ville se déclinait de façon dégressive pour les trois premières années d’exploitation. Pour les deux dernières années, il était attendu que la CCIVRR soit autonome à ce moment. Alexandra Labbé soutient que la CCIVRR touchera un montant proportionnel au nombre de mois d’activité dans sa première année.
Rentrées d’argent
Les rentrées d’argent du lieu proviennent notamment des salles locatives, équipées de matériel audiovisuel. « Oui, il y avait un achalandage. C’est sûr que c’étaient encore les balbutiements », rappelle Julie La Rochelle. L’organisation s’est installée dans le bâtiment en juin dernier. Après la réfection de l’édifice, l’ouverture officielle au public avait eu lieu le 13 septembre. « On a exploité un bureau d’information touristique ouvert sept jours sur sept, du lundi au dimanche, avec des employés toutes les heures ouvrables », met-elle en reflet. Le coût de lancement pour en faire la réservation se situait à 100 $/heure et à 60 $/heure pour les petits groupes (25 personnes). Au moment d’écrire ces lignes, il n’a pas été possible de savoir si les tarifs avaient changé. Les autres entrées d’argent que permet l’édifice Joseph-Ostiguy sont la vente de rafraîchissements durant l’été, ainsi que l’ouverture d’un magasin général gourmand.
« Veut, veut pas, on représente quand même des gens d’affaires. Les gens regardent les décisions que l’on prend. Il faut donc s’assurer que l’on réfléchit, que l’on est en cohérence », considère Mme La Rochelle
Reprendre le flambeau
Pour ce qui est de la Ville, elle reprendra le flambeau de la gestion du bâtiment fraîchement rénové. Elle compte assurer la pérennité de l’édifice, déployer une « offre de services adaptée, tout en garantissant un lieu moderne, accessible et pertinent » pour la population. « On devra réévaluer et réfléchir à ce que l’on donne comme suite à tout ça. On verra avec le conseil ce que l’on veut donner comme tangente pour la suite », envisage Alexandra Labbé. Chambly confirme qu’elle honorera l’ensemble des réservations inscrites à l’agenda. Les nouvelles réservations seront temporairement suspendues; l’accès au bâtiment sera limité aux activités planifiées.
Réfection de l’édifice Joseph-Ostiguy
Concernant la réfection de l’édifice Joseph-Ostiguy, Jean-François Auclair, directeur général de Chambly, parlait de coût d’environ 5 M$ lors de la séance du conseil municipal du 9 septembre dernier. « Je ne remets aucunement en doute ce que l’on a fait avec l’édifice. Il a une nouvelle vie. Il s’agit de trouver le bon atterrissage. C’est normal, quand on sort de la boîte, de devoir porter des ajustements en cours de route », estime Mme Labbé. La mairesse promet une reddition de comptes complète à la fin des travaux.
Le projet a fait l’objet de redevances totalisant 391 250 $ découlant du projet AERA Chambly. Il a aussi bénéficié de subventions de 380 000 $ de la MRC de la Vallée-du-Richelieu et de 75 000 $ du ministère de la Culture et des Communications pour le projet d’exposition permanente.