Rivière Richelieu : un bas niveau historique
Le niveau de l’eau est anormalement bas le long de la rivière Richelieu. Un problème majeur pour la marina de Saint-Mathias-sur-Richelieu.
À côté du pont Yule, les rapides dévoilent leurs rochers. Plus loin, c’est une plage qui s’est installée au parc des Voiles. Le fond de l’eau se voit aux alentours des marinas. « J’ai un repère du niveau d’eau à Saint-Jean-sur-Richelieu et il manque environ cinq pieds, fait remarquer Guy Lanoue, gestionnaire de projets à la marina de Saint-Mathias-sur-Richelieu. Je n’ai pas vu cela depuis 1998! À cette époque, le niveau de l’eau était le même entre les écluses 8 et 9 du canal de Chambly. Il en est de même actuellement. On est en train de battre un record bas historique! Il ne reste que quelques millimètres pour l’atteindre. »
Pour expliquer ce phénomène, le gestionnaire de projets avance les conditions météorologiques de cet été. « Il ne pleut pas depuis quelque temps. Il y a eu des précipitations qui ont frappé Montréal et sa région, sauf que l’eau est tombée bien plus dans Lanaudière qu’en Montérégie. Ici, des gens se plaignent que leur puits artésien est asséché. »
S’adapter
Ainsi, le bas niveau d’eau entraîne des conséquences importantes pour les usagers et les employés de la marina de Saint-Mathias. « Les bateaux sont accotés au fond, poursuit Guy Lanoue. Les employés nettoient les accumulations de sédiments sur la descente pour aller le plus loin possible dans la rivière afin de récupérer les embarcations. »
Un phénomène qui inquiète le spécialiste pour la suite de la saison. « Si l’on n’arrive pas à sortir tous les bateaux à temps, nous serons pris avec les touristes qui vont revenir plus tôt de leurs sorties. Les écluses ferment le 14 octobre et il sera fort possible que nous soyons mal pris avec cet achalandage. »
Pour remédier à cela, Guy Lanoue formule un souhait. « Il faut qu’il pleuve. Mais beaucoup! »
Sur l’eau, la baisse du niveau amène des répercussions pour plusieurs usagers. Léanne Castonguay s’entraîne au canoë sur le Richelieu et doit s’adapter aux conditions. « Pour partager la rivière, on a l’habitude de se mettre sur les côtés afin de laisser passer les bateaux à moteur au centre. Mais actuellement, les flancs deviennent de hautfonds et nous devons, par conséquent, nous rapprocher des bateaux à moteur. Il faut donc redoubler de vigilance. »
Réserves d’eau potable
Si l’on redoute des complications au chapitre des loisirs, les choses sont radicalement différentes concernant l’approvisionnement en eau potable. La SECTEAU dessert les villes de Chambly, Marieville et Richelieu, ainsi que quelques districts de Carignan et de la MRC de Rouville. Pour elle, il n’existe pas encore d’enjeu. « Cela fait quinze ans que je travaille ici et nous avons nos points de repère, souligne Sylvain Hébert, opérateur et technicien en instrumentation et contrôle. Nous renflouons nos réserves d’eau selon l’approvisionnement et actuellement, nous ne sommes pas inquiets. »
Pour expliquer son sentiment, le technicien assure que le contexte est sécuritaire pour la rivière. « L’eau vient du lac Champlain ainsi que des montagnes Adirondack. Le débit est élevé. Donc, nous ne craignons pas une baisse de la quantité d’eau. De plus, elle est d’une très belle qualité. Il faudrait que le niveau baisse nettement encore pour que nous soyons préoccupés. »