Richelieu

Richelieu : citoyens contre le bruit causé par certains véhicules

Un regroupement de Richelois souhaite voir des actions concrètes afin que cessent sur le territoire les bruits excessifs issus de certains types de véhicules.

Au début du mois de juin, cinq résidents de Richelieu se sont regroupés pour faire changer les choses. Ils soutiennent avoir observé, au fil des ans, un accroissement du nombre de motos dont le système d’échappement émet un bruit excessif. Récemment, ils affirment qu’à ce chapitre se sont ajoutées les automobiles qui émettent des backfires en compressant. « Le bruit émis est parfois très intense.

Il faut interrompre notre conversation dans notre arrière-cour le temps que la moto passe. On peut les entendre arriver et quitter sur plusieurs kilomètres », décrivent les citoyens excédés. Ils relèvent que ces nuisances sont fréquentes. « De mai à octobre, les fins de semaine et les jours fériés de beau temps, ce sont plusieurs dizaines de véhicules qui émettent un son nuisible. Les résidents veulent aussi profiter de l’extérieur le plus paisiblement possible ces mêmes journées », font valoir les Richelois, qui disent observer le même phénomène aux heures de pointe.

Actions du groupe

Le quintette richelois a conçu des documents pour conscientiser les concitoyens. Avec quatre autres résidents, ces neuf personnes ont cogné aux 220 portes des résidences situées sur le chemin des Patriotes, entre les villes de Saint-Mathias-sur-Richelieu et Saint-Jean-sur-Richelieu. Elles ont recueilli 165 signatures. Claude Gauthier, maire de Richelieu, entend les accompagner lors du dépôt de leur démarche à la séance de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent (RIPRSL) du 23 septembre. « C’est un enjeu que l’on a sur tout le territoire. On doit faire quelque chose. Sûrement que d’autres maires vont appuyer », avance le premier magistrat richelois. Il déclare que, cet été, Richelieu a posé des panneaux de signalisation pour sensibiliser les motocyclistes au bruit. 

« Aucune justification »

Le regroupement estime que ces nuisances n’ont aucune justification économique ou sociale. « Contrairement aux bruits générés par le camionnage, la construction, les activités agricoles, etc., qui apportent des bénéfices à la société, ceux des véhicules récréatifs n’apportent que des impacts négatifs », considère-t-il.

Certaines de ces « nuisances » découlent des soirées moto du Resto-Bar B-Sports. « Les pilotes font des wheelies, des spins, de la boucane et un peu de bruit », avait récemment développé Theo, propriétaire du B-Sports, quant à la nature des « bike shows » qui se déroulent sur le stationnement de son commerce. « On doit aussi faire en sorte que nos commerçants aient de l’achalandage. On doit les appuyer, quand c’est en respect avec les règlements municipaux. Ils ont vécu des difficultés avec la COVID-19 et cherchent des moyens pour faire peau neuve. Cependant, il faut faire en sorte que ça réponde aux règlements municipaux », indique le maire. Il assure que des discussions seront entamées « rapidement » afin de « passer le message » pour la saison prochaine.

Utilisation du sonomètre

La RIPRSL dispose de deux sonomètres, un instrument mesurant l’intensité des bruits en décibels. Une formation spécifique est nécessaire pour pouvoir l’employer. Or, il n’y a plus de policiers formés à l’utilisation du sonomètre depuis le départ à la retraite des deux sergents, il y a de cela quelques années (avant 2021). Actuellement, aucun policier de la RIPRSL n’est habilité à l’utiliser. « Le sonomètre s’avère difficile à manipuler et peu adapté sur le terrain », fait savoir la Régie. Elle ajoute qu’aucune contravention n’a donc été délivrée depuis 2020 à l’aide du sonomètre. Toutefois, en 2024, la RIPRSL a remis 114 constats pour les systèmes d’échappement illégaux ou trop bruyants. 

Solutions proposées

Le Code de la sécurité routière comporte des dispositions pour limiter le bruit émis par les systèmes d’échappement des véhicules. Le regroupement demande qu’elles soient appliquées. Il insiste pour que des policiers soient formés. « Et pourquoi pas des cadets, moins chers et disponibles l’été? », propose-t-il. Il suggère aussi des barrages routiers, comme ceux effectués dans le cadre d’opérations contre l’alcool au volant. « La halte routière, à la jonction de l’autoroute 10 et du chemin des Patriotes, répond aux critères de la SAAQ pour faire les mesures », établit le regroupement. « La législation actuelle ne permet pas de vérifier systématiquement tous les véhicules ou toutes les motos sans infraction préalable. Toutefois, lorsqu’un véhicule en infraction est clairement identifiable, il peut être intercepté », répond la RIPRSL.

Mettre des patrouilles au coin de la route 112 et du rang de la Savane est aussi avancé. Le regroupement espère de la SAAQ des messages publicitaires de sensibilisation auprès des propriétaires de véhicules bruyants. « Je trouve ça génial. Ils arrivent aussi avec des propositions. C’est la meilleure façon citoyenne pour s’impliquer. Ils n’arrivent pas seulement avec des enjeux mais proposent des solutions », encense Claude Gauthier quant à la démarche du regroupement.

Même problème ailleurs

Étant donné que cette situation ne touche pas que la RIPRSL, le regroupement souhaite que le sujet soit exposé sur la place publique lors de ses relations avec des organisations externes. Il invite également les élus municipaux à en faire de même, notamment avec la Communauté métropolitaine de Montréal, le congrès de l’Union des municipalités ou la Fédération des municipalités.

Radio-Canada rapporte que l’arrondissement montréalais de Verdun s’est attaqué à l’enjeu en modifiant son règlement sur les nuisances. Il permet désormais aux policiers de donner un constat d’infraction s’ils jugent, à l’oreille, qu’un moteur fait trop de bruit. « On espère envoyer un message que la quiétude de nos quartiers, on y tient » a affirmé Marie-Andrée Mauger, mairesse de Verdun, en entrevue avec le média national. Plusieurs arrondissements de Montréal ont déjà adopté des règlements similaires, dont ceux du Sud-Ouest et d’Outremont. Ailleurs, l’utilisation du sonomètre est encore de mise.