Montérégie : comprendre le travail quotidien des policiers

La Semaine de la police au Québec se déroule du 10 au 16 mai sous le thème « Au cœur de l’action, l’humain avant tout ». L’initiative permet notamment de mieux comprendre le travail quotidien de ceux qui assurent la sécurité.

« C’est de redonner encore plus à la communauté. C’est l’occasion d’échanger dans un cadre moins formel », considère l’agent Éric Boulianne, de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent, quelques jours avant la Semaine de la police. Il mentionne que c’est un faible pourcentage de la population qui a affaire avec la police. Ces journées deviennent une occasion de renforcer le lien de confiance avec la communauté.

Pas que des contraventions

Certains n’associent les policiers qu’à une autorité qui remet des constats d’infraction. « Il se fait pourtant de belles interventions au niveau psychosocial et humain. Il reste que la répression, le mauzus de billet, il faut le donner de temps en temps, car ce ne serait pas viable dans nos rues », situe l’agent Boulianne. Il compare à La Purge, un film où, pour réduire la criminalité, le gouvernement légalise tout acte criminel pendant un certain nombre d’heures. « On enlève les règlements : ce serait le free for all et on perdrait le contrôle », décrit-il. 

Notions de respect

Éric Boulianne reconnaît qu’appliquer les lois, c’est une grosse responsabilité. « Il n’y a personne qui est content de se faire interpeller ou arrêter. Mais quand c’est fait professionnellement, et dans le respect de la personne, tu reçois rarement de bêtises », constate-t-il.

Il y a quelques semaines, une vidéo, dans laquelle une agente du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) encaisse des propos orduriers de la part d’un homme qu’elle a interpellé, est devenue virale. Éric Boulianne se rabat sur la réglementation municipale qui empêche ce genre d’écart de conduite ici. « Ça nous donne un levier », établit-il. Le policier nuance toutefois que, malgré ce « levier », ses pairs ne sont pas à l’abri de vivre un « manque de courtoisie ».

Il met en contexte qu’à ses débuts, le téléphone n’était pas à considérer. « Aujourd’hui, dans une intervention, quand la personne sort son cellulaire dans le but d’intimider, ça peut mettre un rapport de force », précise Éric Boulianne. Il y voit également un aspect positif. « Ça permet aussi de voir la patience des policiers lors d’interventions », convient-il. Concernant la policière du SPVM, louangée au passage, qui a subi les insultes violentes, Éric Boulianne est catégorique. « Avec mon bagage, je n’aurais pas toléré ça. Je n’aurais pas été capable de me laisser insulter de même. Ça n’a pas de bon sens. Personne ne doit accepter de se faire parler de même », affirme l’homme, qui travaille pour les forces de l’ordre depuis plus de 30 ans. « J’aurais rêvé de travailler avec une caméra sur moi pour montrer des interventions entières », exprime-t-il. Il rappelle que, parallèlement, il existe aussi des mesures pour la population qui considère ne pas avoir été traitée de façon respectueuse lors d’une intervention.

Trouver un équilibre

Mentalement, dans quel état un policier revient-il chez lui après un quart de travail? « Il faut que tu aies un bel équilibre professionnel : familial, amical, sportif, etc. C’est très facile de basculer quand tu es toujours en détresse, dans du négatif. Si, au niveau de ta vie personnelle, tu n’as pas cet équilibre, les repères peuvent être durs à trouver », observe M. Boulianne. À l’interne, des programmes d’aide aux employés sont d’ailleurs offerts. « Il y a par contre des policiers qui ne consulteront pas ces ressources. J’ai vu des confrères perdre cet équilibre », confie Éric Boulianne.

Ministère de la Sécurité publique

Le ministère de la Sécurité publique invite les gens à aller rencontrer des policiers de leur localité et à participer aux activités de la Semaine de la police. « Vous pourrez ainsi vous familiariser avec l’approche de police de proximité et échanger avec des membres de votre service de police sur des sujets qui vous préoccupent. La Semaine de la police, c’est aussi l’occasion de mieux comprendre le travail quotidien de ceux et celles qui assurent votre sécurité », rappelle le Ministère.

Pendant cette semaine s’est tenue la Journée de reconnaissance policière. « Cet événement nous a permis d’exprimer notre gratitude et notre fierté envers les policiers du Québec qui s’exposent à des risques importants dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que des citoyens ou organismes s’étant démarqués de façon exceptionnelle lors d’une intervention policière », fait savoir le Ministère de la Sécurité publique.