Montérégie : boycott des alcools américain
La Société des alcools du Québec (SAQ) a retiré de ses tablettes tous les alcools provenant des États-Unis. Une situation qui réjouit les vignerons d’ici, qui pourront être plus présents, mais qui oblige certains à s’adapter.
Les bouteilles provenant des États-Unis ont été retirées des tablettes de la SAQ à Chambly, comme dans toutes les succursales de la SAQ. Dès l’annonce du gouvernement, lundi après-midi, l’établissement se mettait à l’ouvrage pour enlever les bouteilles qui avaient traversé la frontière. Mardi, les tablettes de vins des États-Unis étaient vides, et le rayon des bourbons et des whiskys était peu garni.
« Nos représentants sont dans les SAQ en ce moment pour négocier plus d’espace, car il faut occuper de la place sur les tablettes pour être vendu. » – Francis Lavoie
Taxes douanières
L’ordre est venu du premier ministre du Québec, François Legault, qui réagissait à l’application des tarifs douaniers imposés au Canada par l’administration américaine.
Avec son gouvernement, M. Legault a annoncé que la Société des alcools du Québec (SAQ) retirait l’entièreté des produits américains de ses tablettes.
Ce retrait vise les vins, mais également toutes les autres boissons alcoolisées actuellement vendues dans les succursales de la société d’État et sur son site transactionnel. Le gouvernement a obligé la SAQ à cesser de fournir en boissons alcooliques américaines les épiceries, les agences, les bars et les restaurants.
Les producteurs d’ici
Pour Francis Lavoie, du Domaine de Lavoie à Rougemont, il est encore un peu trop tôt pour savoir si ses vins en bénéficieront.
« Nous verrons ça dans une semaine. Nos représentants sont dans les SAQ en ce moment pour négocier plus d’espace, car il faut occuper de la place sur les tablettes pour être vendu. Le fait qu’il n’y ait plus d’alcool américain, c’est une bonne chose pour nous et pour les produits locaux. Nous n’exportons pas nos produits. Nous n’aurons donc pas à subir les frais de douane. »
Pour Louis Monty-Tremblay, propriétaire de La Croisée des Chemins, les produits québécois sont déjà à la carte de la microbrasserie et du restaurant. « Une chance que l’on achète déjà local, car le magret de canard américain vient de passer de 19 $ le kilo à 38 $ en une nuit. Il faut dire que nous sommes spécialisés dans le canard. Sur le site du gouvernement canadien, la volaille américaine est en tête de liste des produits qui subissent la hausse de taxe de 25 % que fixe le gouvernement canadien sur les produits américains désormais. »
Pour l’alcool, c’est un peu différent. Même si la microbrasserie propose sa propre bière et depuis toujours des bières artisanales québécoises, pour certains spiritueux, importants pour la préparation de cocktails et la flambée de ses plats, des changements devront être effectués. « Ce sont surtout sur les alcools forts que nous devrons changer nos habitudes, comme les bourbons qui viennent des États-Unis. C’est comme l’alcool qui est distribué par des représentants américains. Il faudra les remplacer. Il va falloir que l’on s’adapte, car les produits québécois sont aussi plus chers. Nous sommes obligés d’être créatifs. »
25 % des deux côtés
Rappelons que l’administration Trump impose des tarifs de 25 % sur l’ensemble des exportations canadiennes, à l’exception des produits énergétiques comme le pétrole, le gaz naturel ou les minéraux critiques, qui sont visés par des tarifs de 10 %. Dès le 4 mars 2025, le gouvernement du Canada a imposé, en réponse à l’attaque économique américaine, des droits de douane de 25 % sur 30 milliards de dollars d’importations américaines. Le 6 mars cependant, une exemption de taxe, prévue jusqu’au 2 avril, a été décidé sur les produits qui répondent aux règles fixées par l’accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).