Haut-Richelieu – Rouville : troisième phase à l’étude concernant la grève communautaire

La grève du milieu communautaire s’est enclenchée le 23 mars pour se terminer le 2 avril. Et après, qu’en sera-t-il pour les organismes qui vivent toujours avec un « manque de financement chronique »?

La grève du milieu communautaire se terminait le 2 avril. Les besoins revendiqués, eux, perdurent. « Nous ne nous arrêterons pas là », prévient Johanne Audet, directrice générale (DG) du Centre d’action bénévole (CAB) de la Seigneurie de Monnoir.

Elle déclare que les organismes continueront à faire de l’éducation populaire auprès de leurs bénéficiaires et de la population en général, au moins jusqu’aux élections provinciales du 5 octobre prochain. « Le mouvement ne considère pas cette grève comme un geste isolé, mais comme une étape stratégique dans une campagne plus large », situe Mme Audet. La DG du CAB informe qu’une troisième phase est déjà à l’étude. « Ce que nous voulons, c’est une table de négociation », affirme-t-elle.

« Mouvement particulièrement fort »

Le mouvement de mobilisation qui est en cours s’inscrit dans la continuité de celui amorcé à Shawinigan à l’automne dernier. « Nul doute qu’il se poursuivra à l’automne, dans le cadre des élections provinciales qui auront lieu en octobre », renchérit Nathalie Grenier, directrice de la Corporation de développement communautaire du Haut-Richelieu-Rouville. Pour leur part, localement, elle soutient avoir l’habitude d’organiser des rencontres pré-électorales avec les candidats dans le cadre des élections des divers paliers gouvernementaux. « Nous arrimerons assurément ces rencontres avec le mouvement Le communautaire à boutte! », prévoit Mme Grenier. Elle met en reflet que l’engouement actuel des organismes pour la démarche de grève dénote à quel point ceux-ci sont rendus au bout de l’élastique. « Pour avoir œuvré dans le milieu depuis près de trente ans, je dois avouer que ce mouvement est particulièrement fort. Ce qui me fait croire qu’il ne s’estompera pas avant que les organismes en action communautaire autonomes n’aient obtenu des gains significatifs », observe-t-elle.

Monde de licornes

Johanne Audet espère du changement. « Mais je ne vis pas dans un monde de licornes. Le changement sera long », pressent la femme. Elle prévoit probablement encore une surcharge de travail pour son équipe, puisque beaucoup de services auront été reportés. « Mais nous avons pris la décision que nous ne nous mettrons pas à terre. Si une personne avait besoin d’aide un vendredi à 16 h 15, nous faisions tout en notre possible pour l’aider avant. Maintenant, nous la référerons au CLSC », termine-t-elle avec conviction.