Chambly : une reconnaissance à gagner pour certains chiens d’assistance

La SPCA Roussillon ne reconnaît pas les chiens d’assistance formés et certifiés par Psy’chien de la Chamblyenne Christine Potvin et de la Richeloise Rachel Audoire.

Christine Potvin et Rachel Audoire ont chacune un chien d’assistance. L’une en raison de stress post-traumatique et l’autre relativement au trouble du spectre de l’autisme (TSA).

À Chambly, il y a une exemption de paiement pour la licence du chien d’une personne handicapée visuellement ou à mobilité réduite propriétaire d’un chien-guide ou d’un chien d’assistance en entraînement ou en formation. Les chiens d’assistance pour des raisons psychiatriques (TSA, stress post-traumatique, etc.) diagnostiquées ne sont pas inclus. Il en va de même pour Richelieu.

Rachel Audoire et Christine Potvin y voient de la discrimination. La SPCA Roussillon dessert notamment ces deux municipalités en matière d’enregistrement/renouvellement de licences. « On applique la réglementation des villes telle quelle. Ce n’est pas nous, c’est la façon dont c’est écrit. Ce n’est pas de la discrimination. Elles ont accès à nos licences comme tout autre citoyen. Elles ne sont pas pénalisées », affirme Pierre Bourbonnais, président de la SPCA Roussillon.

Organismes reconnus

Pour reconnaître un chien d’assistance formé et certifié, la Ville cible certaines organisations, comme Mira ou Asista. Psy’chien est l’organisation ayant certifié les chiens de mesdames Audoire et Potvin. Comme d’autres associations, elle n’a pas le rayonnement d’un organisme comme Mira. « On ne les connaît pas depuis longtemps. On a peu d’informations », mentionne Pierre Bourbonnais. Au moment de mettre sous presse, il n’a pas été possible de savoir sur quels critères les villes se basent pour reconnaître ou non certaines organisations. 

« Ce n’est pas l’argent, le problème, c’est le principe derrière. » – Christine Potvin

Différentes façons de faire

Mira forme ses chiens et les envoie ensuite chez les bénéficiaires. Rachel Audoire compare la formule de Mira à celle de Psy’chien. Elle a eu son chien quand il avait huit semaines. Il a d’abord été un chien de compagnie. « Le chien est chez nous dès le début. On a déjà créé un lien avec notre chien. Le bénéficiaire le forme en fonction de ses propres besoins », remarque-t-elle. À l’âge de deux ans et demi, son animal est ensuite entré dans le processus de Psy’chien afin d’en faire un chien d’assistance. Mme Audoire raconte que plusieurs étapes étaient à franchir. Avant d’entrer en formation, l’animal a été soumis à des tests de présence en public. Au bout de la formation, le chien a été évalué par un éducateur et a obtenu sa certification. Celle-ci doit être renouvelée annuellement.

Une demande récente

Pierre Bourbonnais indique au journal être entré en contact avec Psy’chien. Il souligne qu’il soumettra leurs informations à la quarantaine de municipalités que la SPCA dessert. « On va entrer en contact avec toutes nos municipalités pour essayer de clarifier plus uniformément comment elles veulent gérer ça : rabais, pas de rabais, à qui ça s’applique, etc. ». Pierre Bourbonnais ajoute que présentement, l’exemption sera accordée par les villes qui l’offrent en attendant une réforme du règlement. « Il y a dix ans, ce n’était pas un concept qui existait (chien d’assistance psychiatrique). Il y a des règlements qui datent d’avant ça. C’est une nouvelle demande », observe-t-il.

Le coût d’une licence, d’une ville à l’autre, est d’environ 20 $. « Ce n’est pas l’argent, le problème, c’est le principe derrière », réplique Mme Potvin. « Pour l’instant, on va leur accorder. L’organisme Psy’chien, spécifiquement, est reconnu, mais s’il y en a un autre qui arrive demain, on ne le reconnaîtra peut-être pas, faute d’historique. Peut-être que la Ville statuera l’an prochain qu’elle ne l’acceptera pas. Ce sera entre les mains des élus municipaux », évoque M. Bourbonnais.

Manque de lois

Le problème « majeur » identifié est le manque de lois qui régissent de façon uniforme les associations et les centres de formation, tant sur le plan provincial que national. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse confirme que plusieurs organismes spécialisés peuvent entraîner les chiens guides et d’assistance, mais qu’il n’existe pas de registre d’organisations certifiées au Québec. Elle écrit que le chien d’assistance et le chien guide sont reconnus comme un moyen de pallier un handicap par les tribunaux québécois. Par le terme handicap, elle réfère à un « désavantage qui limite physiquement, mentalement ou psychologiquement ».

Le Comité interministériel portant sur la reconnaissance des chiens d’assistance a déposé ses recommandations au ministre responsable des Services sociaux en juin 2024. « La solution doit permettre aux personnes qui se sont procuré un chien d’une autre façon, qui ont décidé de l’entraîner elles-mêmes ou qui ont fait affaire avec une école ou un entraîneur non certifié, d’avoir tout de même accès à une évaluation ou à un examen de compétence qui leur attribuerait l’identification reconnue. »

Il recommande également que les écoles de dressage s’enregistrent ou deviennent un membre accrédité d’un organisme reconnu.